Avec le soutien financier de la
DG Emploi, Affaires Sociales et Egalité des Chances
de la Commission Européenne
Révision de la Directive Services de Médias Audiovisuels
Révision de la Directive Postale
Les experts aux lunettes noires
Brèves Nationales
Nouvelles mesures en Espagne pour favoriser la participation des aveugles et des malvoyants aux consultations électorales
Vodafone Portugal lance Vodafone Say
Recherche de partenaires pour le projet "Lumière dans la Nuit"
DOSSIER : Slovénie
[ Les opinions exprimées dans cette Lettre d'Information sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles de l'UEA. ]
Chers lecteurs,
Bienvenue au numéro 59 de la Lettre d'Information de l'UEA.
Ce numéro est le dernier à paraître en 2007. C'est avec joie que nous
saisissons cette occasion pour
souhaiter à l'ensemble de nos lecteurs d'excellentes fêtes de fin d'année et
vous présenter nos
meilleurs voeux pour 2008.
Pour cette dernière édition de l'année, notre Dossier vous emmène en
Slovénie. Vous y trouverez un
tableau détaillé de la situation des aveugles et des malvoyants slovènes
sous l'angle de l'emploi et de
la réadaptation.
Comme vous pourrez le constater, l'UEA est plus active que jamais sur le
front de l'UE où nous avons dû
livrer plusieurs batailles : la position du Conseil sur la Révision de la
Directive Postale est
décevante mais nous nous y attendions. Notre Commission de Liaison avec l'UE
est bien déterminée à ne
pas laisser tomber et à croiser le fer en seconde lecture. La nouvelle
directive sur les services de
médias audivisuels améliore le texte précédent puisqu'elle prend désormais
en compte les questions
d'accessibilité. Enfin, l'UEA se mobilise aux côtés de nos amis aveugles et
malvoyants suédois pour
faire barrage à une décision de la Commission contraire à la réduction de la
TVA sur les livres audio
dans ce pays.
Vous pourrez aussi prendre connaissance d'une expérience professionnelle
tout à fait hors du commun :
un détective aveugle activement impliqué dans la lutte contre le terrorisme.
De nouvelles perspectives
pour l'emploi des non et des malvoyants ? Qui sait ? Il me semble en tout
cas que ce témoignage mérite
d'être largement diffusé.
J'espère enfin que l'appel de Tommaso Daniele, promoteur des Clubs Louis
Braille, ne restera pas lettre
morte et que, parmi les bonnes résolutions qu'elles auront prises pour 2008,
vos associations
s'efforceront, à l'exemple de l'Union Italienne des Aveugles et Malvoyants,
de mettre en place et
d'animer leurs propres clubs.
N'hésitez pas à nous faire part de vos commentaires et suggestions :
ebuoffice@euroblind.org
Bonne lecture !
Les Clubs Louis Braille |
Si Louis Braille était encore en vie le 4 janvier 2009, il serait âgé
de 2 siècles. La France, l'UMA,
l'UEA et plusieurs associations nationales d'aveugles et de malvoyants
préparent de grandes
manifestations pour célébrer son anniversaire. Tout cela est très bien
certes, mais pas suffisant.
Si Louis Braille était parmi nous aujourd'hui, il nous dirait probablement :
"S'il vous plaît,
rappelez-vous de moi tous les jours car il est crucial d'insister
constamment sur l'importance du
braille".
Si Louis Braille était parmi nous aujourd'hui, il demanderait probablement
aux associations nationales
d'aveugles de mettre en place des structures permanentes dont le rôle serait
d'abord de promouvoir
l'importance du braille, système original, universel et irremplaçable ;
ensuite d'insister sur la
valeur didactique et pédagogique du braille, seul système d'écriture et de
lecture direct mis au point
par un aveugle pour les aveugles.
L'Union Italienne des Aveugles et des Malvoyants a déjà exaucé le voeu de
Louis Braille en établissant
le Club Braille Italien. Nous avons réparti les amis de Louis Braille en
trois groupes de donateurs :
particuliers, secteur public et entreprises privées. Les fonds ainsi
collectés sont affectés comme suit :
Tous les ans, une importante contribution financière est versée au Musée de la Maison Natale de Louis Braille à Coupvray, en France.
Nous avons créé une exposition permanente installée à l'Institut des Aveugles de Milan. Elle raconte l'histoire de Louis Braille et retrace l'évolution technique de son système d'écriture et de lecture.
Le Club Braille Italien publie une revue semestrielle pour informer ses adhérents, les pouvoirs publics et la société civile de ses activités.
Fait important, le Parlement italien a institué le 21 février Journée Nationale du Braille. A cette occasion, des membres du Club participent à des activités de sensibilisation dans les écoles et sur les média, où sont abordées des questions relatives au braille - manuels scolaires, soutien aux enfants en intégration scolaire, outils pédagogiques adaptés, activités éducatives pour les enfants non ou malvoyants.
J'espère que nombreuses seront les associations d'aveugles à travers le
monde qui s'inspireront de
notre expérience et créeront des clubs braille dans leurs pays. Un jeune
aveugle togolais a écrit : "Le
braille est le trésor caché des aveugles partout dans le monde". Ensemble,
faisons en sorte que ce
trésor soit préservé pour qu'à chaque fois il se révèle à ceux qui en ont
besoin.
Pour plus d’informations, contacter Tommaso Daniele, Président de l'Union
Italienne des Aveugles et
Malvoyants, inter@uiciechi.it
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Le 29 novembre 2007, le Parlement Européen a
adopté sans amendements le texte de la Directive sur les Médias et les
Services Audiovisuels tel que revu par le Conseil des Ministres.
Les négociations sont donc closes et la Directive entrera en vigueur dès sa
parution au Journal Officiel de l'Union Européenne. Les Etats Membres auront
deux ans pour mettre en oeuvre ses dispositions.
Grâce aux pressions exercées par l'UEA et le Forum Européen des Personnes
Handicapées, le nouveau texte comporte dans son Article 3 quater une clause
relative aux personnes handicapées :
"Article 3 quater
Les États membres encouragent les fournisseurs de services de médias qui
relèvent de leur compétence à veiller à ce que les services qu’ils offrent
deviennent progressivement accessibles aux personnes souffrant de
déficiences visuelles ou auditives."
Cette disposition n'est pas contraignante puisqu'elle ne fait
qu'"encourager", mais elle s'avèrera utile lorsque nous aurons à demander de
nos pouvoirs publics plus d'audio description, d'audio sous-titrage, etc… Au
cours des deux années à venir, l'UEA veillera à ce que la Commission
Européenne exerce un contrôle effectif de la mise en oeuvre de l'Article 3
quater, notamment en ce qui concerne les améliorations à apporter aux
services audiovisuels.
Quoi qu'il en soit, la nouvelle directive nous est nettement plus favorable
que la précédente, cette dernière ne faisant aucune référence aux questions
d'accessibilité.
Pour plus d'informations contacter Dan Pescod, Chargé des Campagnes
Européennes et Internationales au RNIB,
Dan.Pescod@rnib.org.uk
Le Conseil a publié sa Position sur la révision de la directive postale le
8 novembre dernier. Il préconise une formule qui permet aux Etats Membres
d'introduire ou de maintenir la franchise postale en faveur des aveugles et
des malvoyants, plutôt que de les y obliger.
Le Parlement devrait revoir le texte de la directive en Seconde Lecture le
30 janvier 2008. En Première Lecture, il s'était prononcé en notre faveur en
adoptant les amendements 47 et 26.
L'amendement 47 est au centre de notre démarche :
ARTICLE 1, POINT 14, POINT (A) Article 12, indent 1 (Directive 97/67/CE)
"Les États membres garantissent la prestation de services postaux gratuits
destinés aux personnes aveugles et malvoyantes."
L'amendement 26 se rapporte au Considérant 23 :
"(23) Etant donné l’importance que revêtent les services postaux pour les
personnes aveugles ou malvoyantes, il y a lieu de réaffirmer que le
processus d’ouverture des marchés ne devrait pas porter un coup d’arrêt à
l’offre à ces personnes de certains services gratuits mis en place par les
États membres, conformément aux obligations que leur impose le droit
international."
Il est plus difficile de faire adopter un amendement en seconde lecture par
le Parlement. Toutefois, une majorité absolue de parlementaires peut
réintroduire un amendement adopté en première lecture. Il va sans dire que
l'UEA ne ménagera aucun effort pour rameuter le plus grand nombre possible
de députés et faire passer nos amendements.
Les différents groupes parlementaires se retrouveront en début d'année pour
arrêter leur position sur diverses questions. Nous devons les contacter de
toute urgence pour nous assurer de leur soutien à la réintroduction de
l'amendement 47 dans le corps de la directive.
Par ailleurs, nous prendrons contact avec le Rapporteur et ses homologues
des autres formations politiques pour leur exposer notre position et nous
assurer de leur soutien. L'UEA espère obtenir la réintroduction de nos
amendements et préserver ainsi la franchise postale.
Pour plus d'informations contacter Dan Pescod, Chargé des Campagnes
Européennes et Internationales au RNIB,
Dan.Pescod@rnib.org.uk
La Commission Européenne a annoncé son intention d'entamer une procédure
d'infraction à l'encontre de la Suède, qui applique un taux de TVA réduit (6
pour cent) sur les livres audio. Elle fait valoir que le taux réduit de TVA
appliqué au livre ordinaire ne peut être étendu au livre audio dans la
mesure où ce dernier ne correspond pas à la définition généralement acceptée
de ce qu'est un livre.
Cette démarche de la Commission est un cas flagrant de discrimination
indirecte contre les aveugles, les malvoyants et toutes les personnes
empêchées de lire du fait d'un handicap. Le gouvernement suédois, soutenu en
cela par les éditeurs, l'Association des Aveugles de Suède (SRF) et d'autres
acteurs du marché du livre, a rencontré la Commission pour défendre sa
position.
L'UEA et la Fédération des Editeurs Européens ont conjointement adressé une
lettre particulièrement ferme à Mr. José Manuel Barroso, Président de la
Commission, aux Directions Générales concernées, au Conseil et au Parlement.
Nous vous tiendrons bien sûr informés des suites qui seront données à ce
dossier.
Pour plus d'informations contacter Anne Spinali, Chargée des Campagnes
Européennes au RNIB, anne.spinali@rnib.org.uk
[Article d'Annick Cojean, 9 décembre 2007, reproduit avec l'aimable
autorisation du journal Le Monde.]
lls travaillent sur des affaires d'homicides et de grand banditisme, de
prostitution, de trafic de stupéfiants et de terrorisme. Un casque sur les
oreilles, un clavier d'ordinateur sous la main, ils retranscrivent jour
après jour les écoutes téléphoniques de suspects qui, décidées par un juge,
pourront se révéler déterminantes dans la résolution d'enquêtes criminelles.
Ce sont des policiers. Ils ont prêté serment le 8 juin 2007, devenant «
auxiliaires du procureur du roi ». Mais ils ne portent pas d'armes. Ne
peuvent procéder eux-mêmes à des arrestations. Et ne doivent pas, en
principe, s'exposer à des situations dangereuses où leur handicap pourrait
poser problème. Ils sont aveugles. Ou malvoyants. Ils ont un atout dont la
police espère tirer un bénéfice : une capacité d'écoute et de concentration
exceptionnelle qui leur permet d'entendre ce que les voyants ne distinguent
pas.
« Question de survie ! » sourit Ion Beleava, l'un de ces nouveaux policiers
recrutés par la police fédérale de Belgique. « Les aveugles ou malvoyants
n'ont pas une meilleure acuité auditive de naissance, mais les contraintes
et dangers liés au handicap nous ont forcés à développer l'ouïe, mémoriser
et décoder le moindre son. »
C'est sur ce talent qu'investit la police. Cette extrême sensibilité aux
bruits, voix, souffles, accents qui, dans une enquête, peut faire la
différence. « La loi de 1994 a considérablement étendu le champ des écoutes
téléphoniques que peut demander un juge », explique Paul Van Thielen,
directeur général de la police fédérale à Bruxelles. « Organisations
criminelles, trafic humain, d'hormones ou de stupéfiants, meurtres,
homicides... Les non-voyants peuvent non seulement décharger les enquêteurs
d'un travail de retranscription très chronophage, mais je suis convaincu que
leur capacité à y noter des détails signifiants peut être capitale. » Des
exemples ? Détecter si l'un des interlocuteurs enregistrés parle d'un
autobus, d'un train ou d'un tramway. Cerner l'environnement sonore de la
conversation : rue, restaurant, aéroport. Deviner la marque d'une voiture au
ronronnement de son moteur. Identifier des accents. Reconnaître une voix
déjà entendue sur une écoute... « C'est sur des détails que tout peut se
jouer ! », affirme Paul Van Thielen.
A l'origine de cette expérience pilote que le directeur de la police a
l'intention d'étendre, une mission d'étude - effectuée à la demande du
gouvernement belge à l'été 2003 - dans les Pays-Bas voisins, où le
recrutement de policiers aveugles, deux ans plus tôt, avait eu du
retentissement. M. Van Thielen en était revenu enthousiaste. Et averti. La
police néerlandaise avait conseillé l'installation de tandems, expliquant
qu'un binôme de policiers malvoyants s'intégrerait mieux dans une unité de
travail. Elle avait aussi insisté sur l'importance de sensibiliser
l'ensemble du personnel, d'adapter les infrastructures et de faciliter les
déplacements de ces nouveaux auxiliaires vers leur bureau (discussions avec
les mairies pour l'installation de feux de signalisation sonores, équipement
des ascenseurs en indicateurs vocaux, etc.). M. Van Thielen rédigea une note
à l'intention des ministres de la justice et de l'intérieur, lesquels
exprimèrent aussitôt leur intérêt. Encore fallait-il penser installation et
recrutement - ce qui fut fait en partenariat avec la Ligue Braille, un
organisme national venant en aide aux malvoyants. Et prévoir un statut
spécial pour ce personnel qui, ayant accès à des éléments confidentiels
d'enquêtes policières, serait soumis au secret professionnel et signerait
les PV d'écoutes remis aux juges, mais dont les compétences seraient
limitées. Ce fut fait en 2006, sur le schéma des personnels civils
travaillant dans la médecine légale. Le recrutement pouvait commencer. Six
postes (à Bruxelles, Liège et Anvers) devaient être créés : trois
francophones, trois néerlandophones. Des dizaines de candidats n'attendaient
que ce moment.
« Une chance ! » se rappelle M. Beleava. « Une assistante sociale des Amis
des Aveugles de Mons m'a signalé l'appel à candidatures diffusé sur
Internet. C'était fin février 2007, et il ne me restait que quelques heures
pour remplir mon dossier. J'ai foncé. Les défis forcent à se dépasser ! Et
j'aime l'idée d'une police rassurante, au service de la protection du
public. » Ce n'était pas un rêve d'enfant. « Au pays du dictateur Ceausescu,
on ne rêvait pas de devenir policier ! » Ion Beleava est arrivé en Belgique
en 1991, à 28 ans, comme réfugié politique ayant fui la Roumanie avec sa
femme, aveugle, et son petit garçon de 8 ans. Non-voyant de l'oeil gauche et
souffrant d'un champ visuel très rétréci à l'oeil droit en raison d'une
hypoplasie rétinienne, il n'a jamais pu reprendre son métier de
kinésithérapeute mais a vite appris le français, suivi des formations de
secrétariat et de bureautique, exercé différents emplois tout en se
familiarisant avec Internet.
Les tests conçus par la police ne l'ont pas impressionné. Pas plus que la
formation qui a suivi l'annonce du résultat : organisation de la police
belge, notions de déontologie et d'intégrité, droit et procédure pénale,
fonctionnement des télécommunications... Restait à intégrer l'équipe des 260
personnes (dont 200 enquêteurs) de la police de l'arrondissement de Liège,
avec un autre malvoyant de 37 ans, Stephan Biral, dont c'était le premier
emploi.
Le commissaire divisionnaire Jacques Chantry avait sensibilisé le personnel,
et chacun a tout de suite intégré des règles de fonctionnement très simples
: se présenter en entrant dans la pièce de travail, nommer les documents que
l'on pose sur le bureau, ne pas considérer comme un tabou les questions sur
la déficience visuelle... L'humour et l'efficacité du Roumain devenu belge
ont vaincu toutes les réticences.
Il écoute, donc. Et tape. Des conversations relatives à des meurtres,
complots, trafics de drogue et de véhicules... En lui remettant sur une clé
USB l'enregistrement à écouter, l'enquêteur le briefe sur l'histoire, le
contexte, les hypothèses. Et Ion retranscrit fidèlement, ajoutant parfois
quelques détails sur une voix, un accent, un fond sonore, la proximité d'une
autre personne... Il utilise un agrandisseur d'écran et une TV-Loupe.
D'autres de ses collègues utilisent une barrette en braille placée à la base
du clavier. C'est le cas de Sacha Van Loo, à Anvers, dont la maîtrise de
sept langues est un atout majeur dans les enquêtes liées au terrorisme.
Passionnant ? Ion rigole. « On n'est pas au cinéma ! Beaucoup de
conversations sont banales. Mais chaque affaire est une histoire, avec des
gens qui ont souffert, rêvé, jalousé, convoité. Ce sont des tranches de vie.
Un recueil de nouvelles... »
Vodafone vient de lancer Vodafone Say net qui offre aux personnes
handicapées des conditions spéciales d'abonnement à la téléphonie mobile par
internet. En août dernier, Vodafone Portugal introduisait une nouvelle
version du logiciel Vodafone Say déjà vieux de deux ans. Installé
gratuitement sur plus de 700 appareils, ce logiciel a été spécialement conçu
pour permettre aux non et aux malvoyants d'accéder, grâce à une conversion
texte/voix, à toutes les fonctions d'un téléphone portable : SMS, MMS,
courriel, navigation sur le portail en ligne de Vodafone, identification des
appelants, annuaire téléphonique, calendrier et consultation de la date et
de l'heure, etc.
En offrant des adaptations et des conditions tarifaires préférentielles aux
handicapés de la vue, Vodafone veut contribuer utilement à leur plein accès
à la société de l'information.
http://www.vodafone.com/start/media_relations/news/local_press_releases/portugal/portugal_press_release/mobile_broadband_for.html
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L'association hongroise Sports et Loisirs pour Aveugles et Malvoyants
recherche deux associations partenaires pour son projet itinérant "Lumière
dans le Noir".
Le projet : des voyants pourront faire l'expérience de la cécité en
partageant des moments de vie avec des aveugles qui leur tiendront lieu de
guides. De leur côté, les participants aveugles pourront s'essayer à des
activités dont ils sont généralement exclus (sports extrêmes par exemple).
Date limite de dépôt du projet pour financement : 1 février 2008.
Si vous êtes intéressé, veuillez contacter Judit Gombás (LÁSS, Látássérültek
Szabadidős Sportegyesülete),
gombas.judit@gmail.com
par Tomaz Wraber et Alenka Bera,
Union des Aveugles et Malvoyants de Slovénie
Cet article dresse un tableau de la situation des aveugles et des malvoyants
de République de Slovénie qui ont totalement ou partiellement perdu la vue
après 21 ans. Le premier constat qui s'impose est qu'ils n'ont plus accès à
des formes d'enseignement adaptées au handicap visuel. Devenir non ou
malvoyant exige d'avoir à gérer des situations complètement inédites. Ils
ont donc besoin, en plus des formes de soutien déjà existantes, de
programmes de réadaptation intégrés qui leur permettent de mener une vie
personnelle, professionnelle et sociale autonome.
La définition slovène de la cécité et de la basse vision (1) est quasiment
identique à celle proposée par l'OMS en 2003 (2).
La définition slovène établit 5 degrés de déficience visuelle : 1 et 2
correspondant à la basse vision ; 3, 4 et 5 à la cécité.
Cette année marque le 85ème anniversaire du système de prise en charge des
aveugles en Slovénie. La première association d'aveugles voit le jour à
Ljubljana au lendemain de la désintégration de l'empire austro-hongrois. Des
changements en profondeur interviennent après la Seconde Guerre Mondiale. La
prise en charge des aveugles répond désormais à des considérations d'ordre
idéologique. Le pouvoir en place considère en effet que le fascisme et le
nazisme sont la cause de la guerre et, par transitivité, de l'accroissement
sensible du nombre de personnes aveugles. S'occuper des victimes est donc
perçu comme un devoir, d'où la mise en place d'un système d'éducation
spécialisée très élaboré. La plupart des aveugles ont un travail ou
perçoivent une retraite. Une loi prévoit même l'embauche prioritaire
d'opérateurs téléphoniques aveugles. En dépit d'un contexte difficile marqué
par une récession généralisée, le système de prise en charge des non et des
malvoyants en Slovénie figure parmi les plus développés d'Europe.
Malheureusement, cette situation ne perdure pas, comme l'indiquent les
données ci-dessous.
Le Tableau 1 met en regard le nombre des personnes ayant ou non un emploi
parmi les adhérents de l'Association de Ljubljana - la plus importante des 9
associations membres de l'Union des Aveugles et des Malvoyants de Slovénie
(l'Union) - pour les années 1968, 2000 et 2004.
| Anneée | 1968 | 2000 | 2004 |
|---|---|---|---|
| Nombre d'adhérents | 420 (100 %) | 830 (100 %) | 960 (100 %) |
| Nombre d'adhérents ayant un emploi | 114 (27.1 %) | 57 (6.87 %) | -75 (7.7 %) |
| Nombre d'adhérents sans emploi* | 0 (0 %) | 8 (0.96 %) | 15 (1.56 %) |
En activité en milieu ordinaire
254
En activité en milieu adapté
- ateliers protégés
30
Adhérents à la retraite
2126
Adhérents à la retraite âgés de 20 à 65 ans
853
Adhérents en recherche d'emploi
59
Le nombre particulièrement élevé de retraités (2126 sur 3717) s'explique
principalement par la moyenne d'âge des adhérents et le nombre élevé des
retraites anticipées. Le nombre d'adhérents en activité sur le marché
ordinaire de l'emploi est relativement faible - 254, et seulement 30
adhérents travaillent en milieu adapté. Deux données sont préoccupantes : le
nombre extrêmement élevé des retraités parmi les adhérents âgés de 20 à 65
ans - soit 853 - et celui extrêmement faible des adhérents en recherche
d'emploi - seulement 59.
A quels droits peut prétendre un adulte ayant perdu la vue, totalement ou
partiellement ? Le Code de Sécurité Sociale prévoit l'attribution aux
adultes aveugles ou malvoyants d'aides techniques de base telles que cannes
blanches, lunettes opaques, magnétophones, lunettes télescopiques... et,
sous certaines conditions, de machines à écrire le braille ou de chiens
guides pour les aveugles. Cette disposition ne s'applique cependant pas aux
technologies adaptées - télé agrandisseurs ou logiciels de revue d'écran.
La loi slovène prévoit que toutes les personnes qui travaillent doivent
souscrire une assurance handicap. Les personnes aveugles (catégories 3, 4 et
5) peuvent prétendre à une prestation d'assistance mensuelle d'un montant
net de 239 Euros (à titre de comparaison, le salaire mensuel moyen brut
s'élevait en 2004 à 1112 Euros, soit 700 Euros net. Les aveugles ayant perdu
la vue suite à un accident du travail perçoivent également une allocation
handicap mensuelle de 83 Euros. Cette allocation est inférieure, 58 Euros
par mois, lorsque l'accident ayant causé la cécité n'est pas un accident du
travail. Les malvoyants relevant de la catégorie 2 ne perçoivent que 50 pour
cent de la prestation d'assistance.
Le système slovène assure aux aveugles et aux malvoyants une aide matérielle
et financière mais celle-ci n'est pas suffisante et ne leur permet pas de
mener une vie autonome. Il ressort des entretiens que nous avons eus avec un
grand nombre de personnes atteintes d'un handicap visuel qu'elles craignent
principalement l'exclusion sociale ou la perte de leur emploi. Une
réadaptation de qualité devrait accroître considérablement leur autonomie.
Quelles sont les possibilités de réadaptation en Slovénie ? La
législation ne prévoit la réadaptation des aveugles et des malvoyants que
dans deux cas. Une loi de juin 2004 dispose que les handicapés sans emploi
doivent avoir accès à des programmes de réadaptation pour améliorer leur
employabilité. Malheureusement, les décrets d'application n'ont pas été
adoptés à ce jour et la loi n'est toujours pas appliquée.
Une loi portant sur les allocations et l'assurance handicap prévoit la
réadaptation professionnelle de toute personne qui devient handicapée alors
qu'elle est en activité, à condition que cette réadaptation soit qualifiante
et débouche sur un nouvel emploi. Cependant, cette disposition ne s'applique
pas aux personnes âgées de plus de 50 ans. Le Tableau 3 présente les données
relatives à la réadaptation en Slovénie.
| Année | Nouveaux adhérents plus de 21 ans |
Adhérents requalifiés ayant séjourné au CSS |
Pourcentage requalifiés |
|---|---|---|---|
| 1990 | 139 | 11 | 7.91 |
| 1991 | 144 | 6 | 4.18 |
| 1992 | 142 | 10 | 7.06 |
| 1993 | 131 | 6 | 4.59 |
| 1994 | 152 | 10 | 6.58 |
| 1995 | 184 | 13 | 7.06 |
| 1996 | 246 | 9 | 3.67 |
| 1997 | 219 | 9 | 4.11 |
| 1998 | 147 | 11 | 7.51 |
| 1999 | 215 | 6 | 2.79 |
| 2001 | 194 | 9 | 4.64 |
| 2002 | 205 | 6 | 2.93 |
| 2003 | 192 | 7 | 3.64 |
| Total (1990 to 2003) | 2,437 | 119 | 4.88 |
| Total (1994 to 2003) | 1,833 | 86 | 4.57 |
| - | - |
En résumé, les adultes slovènes ayant perdu totalement ou partiellement
la vue reçoivent des aides financières, et matérielles de première
nécessité. Jusqu'à récemment, seule une minorité pouvait bénéficier du droit
à la réadaptation (réadaptation d'ailleurs réduite à sa plus simple
expression). Bien qu'inscrit dans la loi slovène, ce droit n'est plus
appliqué aujourd'hui faute d'institutions à même de dispenser des formations
adaptées.
La législation slovène ne reconnaît pas le droit à la réadaptation au titre
de la cécité ou de la basse vision. Pourtant, ce droit devrait être
sanctionné par la loi régissant les questions de santé et d'assurance
maladie puisque la perte de vision totale ou partielle résulte généralement
d'une maladie ou d'un accident. Aujourd'hui, les aveugles et les malvoyants
de Slovénie se mobilisent pour remédier à cette situation et obtenir le
droit à la réadaptation, d'autant plus que les personnes à mobilité réduite
en bénéficient déjà.
Le secteur de la santé offre d'ores et déjà un environnement propice à la
mise en place de programmes intégrés de réadaptation pour les non et les
malvoyants : deux cliniques ophtalmologiques, à Ljubljana et Maribor,
disposent chacune d'un département spécialisé en basse vision ; les réseaux
de santé publique comportent des consultations ophtalmologiques en nombre
suffisant ; un dispositif bien rodé permet d'orienter les patients vers des
spécialistes ; les services de santé coopèrent avec les professions non
médicales auxquelles elles font appel autant que de besoin. Il est donc
parfaitement concevable que des ophtalmologues travaillent avec d'autres
experts, tels que des spécialistes de la déficience visuelle, des
instructeurs en orientation et en locomotion, des orthoptistes... Ajoutons
que l'accès aux services de santé n'est assujetti à pratiquement aucune
limite d'âge, ce qui permettrait aux personnes âgées de bénéficier elles
aussi des programmes de réadaptation.
En guise de conclusion, nous aimerions attirer votre attention sur un fait
important : l'Union Européenne s'est dotée d'une législation détaillée dans
divers domaines et les Etats Membres sont tenus de les mettre en oeuvre.
Cependant, il n'existe malheureusement pas de dispositions contraignantes
qui garantissent une protection minimale du droit à la réadaptation et
d'autres droits de la personne aveugle ou malvoyante. Peut-être convient-il
que l'UEA et les associations professionnelles d'ophtalmologues prennent
l'initiative et demandent sans tarder aux institutions européennes de
légiférer dans ce sens.
En Slovénie comme ailleurs, des dispositions fondées sur le droit et étayées
par la loi semblent être le meilleur moyen d'améliorer le statut et les
perspectives d'avenir des aveugles et des malvoyants, et d'augmenter leur
capacité à vivre en toute autonomie.
(1) La définition slovène de la cécité et de la basse vision a été
adoptée le 6 mars 1996 par le Comité Technique élargi d'Ophtalmologie,
adoption entérinée le 6 novembre de la même année par le Conseil Médical du
Ministère de la Santé Slovène.
(2) OMS. Prévention de la cécité et de la surdité. Consultation sur le
développement de normes pour la caractérisation de la perte de vision et du
fonctionnement visuel. Genève, 4-5 septembre 2003, WHO/PBL03.91.
(3) Colenbrander A, Fletcher DC. Concepts et terminologie élémentaires pour
la réadaptation en basse vision. Am J Occupat Ther (AJOT) 1995 ; 49:865-9.
Pour plus d'information contacter Tomaz Wraber,
Tomaz.Wraber@rtvslo.si
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Nom officiel:
République de Slovénie
Système politique:
Démocratie parlementaire multipartiste
Superficie:
20,273 km2
Forêt:
10,124 km2
Vignobles:
216 km2
Pays frontaliers:
Autriche, Italie, Hongrie, Croatie
Longueur de côte:
46.6 km
Capitale:
Ljubljana
Population:
2 million
Origine ethnique:
Slovènes (83.06 %), Italiens (0.16 %), Hongrois (0.43 %), autres (11.57 %)
Langue:
Le slovène
Religion:
Catholique Romaine (82 %)
Climat:
Alpin, Continental, Méditerranéen
Températures moyennes:
Juillet : 21°C ; Janvier : 0°C
Monnaie:
l'Euro depuis le 1 Janvier 2007
Education:
Universités de Ljubljana et de Maribor
Pour plus d'information : www.slovenia.si
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Calendrier |
Réunion conjointe du Comité Exécutif avec les Présidents de Commissions/Coordinateurs de Groupes de Travail
Contact : Birgitta Blokland, Secrétaire Général de l'UEA
Email : bjb202@hotmail.com
Accessible e-books : an opportunity for the disabled
Deuxième Forum Européen de l'Accessibilité Numérique : livres électroniques
accessibles : une chance pour les personnes handicapées.
Sous le haut patronage de Nicolas Sarkozy, Président de la République Française,
de Christine Albanel, Ministre de la Culture et de la Communication, et de
Valérie Pecresse, Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche.
http://inova.snv.jussieu.fr/evenements/colloques/ebooks/Description/index_en.php
Premier Congrès International pour les Enfants Aveugles et Malvoyants
Sous les auspices de l’Organisation Nationale des Aveugles d’Espagne (ONCE)
et de l’Union Mondiale des Aveugles.
Contact : Ana Pelaez, rrii@once.es
6ème Conférence Européenne des Sourds Aveugles et 2ème Assemblée Générale
de l'Union Européenne des Sourds-Aveugles
Contact : Tajana Tarczay, coordinatrice,
edbu2007@dodir.hr
9ème Conférence Internationale sur la Basse Vision
Au cours de sessions plénières et parallèles, d’éminents chercheurs et
universitaires présenteront leurs travaux sur la recherche scientifique, les
services de réadaptation et les aspects psychosociaux de la réintégration.
www.vision2008.ca
11th Conférence Internationale sur l'Informatique, une aide pour les
personnes ayant des besoins spécifiques
“L'eEgalité : un défi global” – Accès pour tous à la Société de
l'Information
www.icchp.org
7ème Assemblée Générale et 4ème Forum des Femmes de l'Union Mondiale
des Aveugles
www.wbu2008.ch
21ème Congrès Mondial Rehabilitation International.
Droits des personnes handicapées et intégration sociale : garantir une
Société pour Tous
Le Congrès a pour thème la nouvelle Convention des Nations Unies pour la Protection des Droits des Personnes Handicapées, qui est appelée à servir de cadre au développement des bonnes pratiques et à réalisation de projets qui amélioreront sensiblement les conditions de vie de centaines de millions de personnes handicapées.
RI-Québec 2008 rassemblera plus de 1,500 experts, chercheurs, militants des droits de la personne handicapée, représentants de gouvernements, prestataires de services, leaders de la société civile. Pendant trois jours, un programme de travail intensif, des animations et des visites touristiques de la ville de Québec leur seront proposés. C’est l’occasion de rencontrer des exposants du monde entier et de découvrir les derniers produits.
RI rassemble plus de 700 organisations dans une centaine de pays. C’est un
réseau d’échange où les membres confrontent approches et solutions
novatrices. RI a pour but de promouvoir le changement social, l’inclusion et
les droits des personnes handicapées.
www.riquebec2008.org ou www.riglobal.org
Congrès International sur le Bicentenaire de la Naissance de Louis
Braille
Informations et programme provisoire sont disponibles auprès l'Association
Valentin Hauy : Christian Coudert,
ch.coudert@avh.asso.fr