Avec le soutien financier de la
DG Emploi, Affaires Sociales et Egalité des Chances
de la Commission Européenne
Pour un TV numérique accessible
Brèves Nationales
Action pour le Développement
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DOSSIER
[Les opinions exprimées dans cette Lettre d'Information sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles de l'UEA.]Chers lecteurs
La nouvelle année s'ouvre sur une bien triste note, surtout pour nous au
Royaume Uni, puisque nous déplorons la récente disparition de Sir John Wall,
mon illustre prédécesseur à la présidence de l'UEA. En dépit de son retrait,
il est resté présent et sa vitalité nous a accompagnés jusqu'à son dernier
jour. Personne ne s'attendait à cette disparition brutale et il est d'autant
plus difficile de nous faire à l'idée qu'il nous a quitté à jamais. Mais il
est tout aussi difficile de rester triste bien longtemps lorsqu'on se
remémore la bonne humeur et le sens de l'humour qu'il mettait en toute
chose. D'ailleurs, une tristesse prolongée lui aurait probablement déplu.
Donc, laissez-moi vous présenter mes voeux les plus chaleureux au seuil de
cette nouvelle année.
2008 aura été une année de mise en place et de consolidation indispensables
à la réalisation de notre plan d'action pour la période 2007-2011. Les
premiers résultats sont d'ores et déjà palpables:
Notre base de données législative a vu le jour et est en cours de développement. Elle sera un outil précieux pour le suivi de la mise en oeuvre de la Convention des Nations Unies sur les Droits de la Personne Handicapée.
Des études sur l'emploi des aveugles et des malvoyants dans quatre pays aux expériences contrastées sont en cours de réalisation. Elles seront particulièrement utiles pour les politiques et les actions que nous menons dans ce domaine.
Nous poursuivons nos travaux en vue de la mise en place d'un fonds pour le développement des associations de non et de malvoyants dans les pays d'Europe Centrale et de l'Est. Un grand séminaire de mise en capacité se tiendra à leur intention en mai prochain à St-Pétersbourg, en Russie.
Nous sommes sur le point de célébrer le bicentenaire de la naissance de Louis Braille, notre grand libérateur. Nous avons tout lieu d'espérer que les fonds nécessaires seront mobilisés à cette occasion pour assainir la situation financière du Musée de Coupvray.
Cet anniversaire coïncide avec les 25 ans de l'UEA. Nous comptons marquer ces deux évènements en publiant 25 des meilleurs essais présentés au concours Onkyo sur le braille de 2007 et de 2008.
Mais il y a encore beaucoup à faire et nous devrons travailler dur en
2009. Vous pouvez compter sur nous et je sais que nous pouvons aussi compter
sur vous pour réaliser ensemble nos objectifs.
Meilleurs voeux !
Lord Colin Low
Président de l'UEA
N'hésitez pas à nous faire part de vos commentaires et suggestions :
ebu@euroblind.org
Bonne lecture !
C'est avec une profonde tristesse que nous vous faisons part du décès de Sir
John Wall, l'un des dirigeants les plus marquants et les plus dévoués de l'UEA.
Il nous a quitté le 30 novembre dernier à l'âge de 78 ans.
Secrétaire Général de 1994 à 1996 pour ensuite assumer la Présidence de
notre organisation jusqu'en 2003, il nous lègue un héritage exceptionnel. Sa
carrière exemplaire et son engagement pour l'émancipation des aveugles dans
le monde font de lui un véritable modèle.
John Wall perd la vue à l'Âge de 8 ans. Il fréquente une institution
d'éducation spécialisée puis étudie le droit à Oxford. Il entame sa carrière
comme avocat; ses services sont très recherchés. Par la suite, il est nommé
à la magistrature et devient le premier aveugle à accéder à cette charge. Il
déclare à cette occasion : "Auparavant, on considérait que les aveugles ne
pouvaient pas être magistrats du fait de leur handicap. Aujourd'hui je suis
heureux de constater que les attitudes changent et que, désormais, les
personnes sont jugées à leurs mérites. J'espère que mon exemple redonnera
courage à tous les non et les malvoyants qui ont choisi d'embrasser une
carrière juridique".
L'action de Sir John dépasse les limites de sa brillante carrière dans la
magistrature : tout au long de sa vie, il oeuve sans relâche dans diverses
associations britanniques ou internationales au service du mouvement des
aveugles. Il est très actif au sein du RNIB lorsqu'il rejoint son Conseil
Exécutif en 1962; Il dirige ensuite le Comité des Publications et des
Equipements à partir de 1967; Il est porté à la vice-présidence du RNIB en
1975 et en assume la présidence jusqu'en 2000.
Pour Lord Colin Low, Président de l'UEA, "Sir John se donnait pleinement à
tout ce qu'il entreprenait avec une énergie étonnante, s'occupant
d'innombrables projets avec une vigueur toujours renouvelée. Il occupera une
place honorée dans les anales de l'UEA, aux côtés de ses dirigeants les plus
illustres".
John Wall était également père fondateur de la Fédération Nationale des
Aveugles au Royaume Uni; il contribua dans une large mesure à la
constitution d'un Forum Handicap pour l'Europe, de la Société Anglaise des
Juristes Aveugles, de l'Association pour Aveugles du Middlesex, etc... Il a
reçu plusieurs distinctions fait Commandeur de l'Empire Britannique et
chevalier par Sa Majesté Elizabeth II.
Avec son engagement sans failles et un talent exceptionnel, Sir John est et
restera une référence, un guide spirituel, pour tous les aveugles et les
malvoyants d'Europe.
La Commission Européenne a adopté deux propositions législatives visant à
étendre les droits des usagers du transport par bus et maritime sur les
réseaux domestiques et internationaux : règles minimales sur l'information
aux passagers avant et pendant le voyage; assistance et compensation en cas
d'interruption de service; mesures en cas de retard; mesures spécifiques
d'assistance aux personnes à mobilité réduite. A l'instar des nouveaux
règlements régissant les transports aérien et ferroviaire, ces propositions
de la Commission prévoient la mise en place d'instances nationales
indépendantes chargées de résoudre les différents entre usagers et
opérateurs.
"L'UE ne peut plus accepter que les usagers soient traités différemment d'un
mode de transport à l'autre. S'ils sont adoptés, ces deux nouveaux
règlements mettront tous les moyens de transport sur un pied d'égalité et
les usagers pourront voyager en avion, en train ou en autobus en sachant que
leurs droits sont les mêmes quel que soit le mode de transport choisi", a
déclaré Antonio Tajani, Vice-Président de la Commission chargé des questions
de transport.
Les passagers à mobilité réduite, handicapés notamment, sont
souvent empêchés de voyager en bus ou en bateaux parce que ces modes de
transport ne leur sont pas accessibles et qu'aucune forme d'assistance n'est
prévue pour répondre à leurs besoins.
Les propositions de la Commission viennent pallier ces difficultés en
affirmant le droit de réservation ou d'embarquement, et en prohibant toute
pratique discriminatoire qui limiterait l'exercice de ce droit par l'usager
handicapé. Une assistance sera gratuitement mise à disposition des personnes
qui en auront fait la demande à l'avance. Elles devront se présenter aux
terminaux d'embarquement un certain temps avant l'heure de départ. Les
personnels des opérateurs et des terminaux routiers ou maritimes seront
formés à la prestation d'assistance. (...)
Les Etats Membres mettront en place des instances chargées de la bonne mise
en oeuvre des nouveaux règlements sur leur territoire. Le passager handicapé
qui considère que ses droits n'ont pas été respectés se tournera d'abord
vers l'opérateur et, s'il n'obtient pas satisfaction, pourra saisir ces
instance.
Pour le texte des propositions et plus d'information:
http://ec.europa.eu/transport/air_portal/passenger_rights/index_en.htm
L'UEA était fortement représentée à l'occasion de la conférence sur
l'inclusion numérique organisée par la Commission Européenne du 30 novembre
au 1 décembre 2008 à Vienne (Autriche). Cette conférence fait suite à celle
tenue il y a un an à Lisbonne, son objectif étant de faire le point sur les
progrès - ou plutôt l'absence de progrès - réalisés en vue d'une Europe
numérique inclusive.
Notre stand, monté par le RNIB dans la section TV Numérique de l'exposition
organisée en marge de la conférence, a été très remarqué. Conçu comme un
séjour style années 30 avec mobilier et papier peint d'époque, il comportait
une réplique de la toute première TV grand public, inventée par Logie Baird,
qui diffusait des images de personnes aveugles s'exprimant sur le passage à
la télévision numérique.
Nous nous sommes efforcés d'expliquer que, même s'il y a de bonnes raisons
de se féliciter du passage à la TV numérique, il est urgent que celle-ci
soit rendue accessible aux déficients visuels. Cela est parfaitement
réalisable grâce aux synthèses vocales qui pourraient lire les menus
affichés à l'écran. Notre slogan, bien mis en évidence au-dessus du stand,
mettait en garde contre un passage à la TV numérique qui ne mettrait pas en
oeuvre ces technologies . Il constituerait alors un recul désastreux pour
les aveugles et les malvoyants. Inutile de préciser que nous avons dérangé
mais il fallait nous faire entendre.
Nous avons eu des échanges fructueux avec des représentants du secteur
télévisuel. Un grand nombre d'entre eux ont reconnu que nos préoccupations
sont fondées.
Même s'il a eu pour effet de froncer quelques sourcils, notre stand a
contribué dans une large mesure à notre action de sensibilisation. Nous
redoublerons d'efforts en 2009 pour empêcher que le passage à la TV
numérique ne passe pas pour des millions de télespectateurs non ou
malvoyants.
Pour plus d'information, contacter Dan PescodChargé des campagnes
Européennes et International au RNIB,
dan.pescod@rnib.org.uk..
ELSA ("Echange de logements et de services accessibles") est un nouveau
service mis en place par et pour des personnes handicapées.
L'échange de logement est une pratique qui remonte aux années 1950's et
permet aux personnes intéressées de réduire sensiblement leur budget de
vacances. ELSA étend ce service aux personnes handicapées en permettant
l'échange de logements accessibles. Les personnes intéressées sont mises en
relation en fonction de leur profil de façon à répondre au mieux à leurs
besoins. C'est un grand progrès pour les personnes handicapées souvent
contraintes de passer leurs vacances à un coût prohibitif.
ELSA bénéficie du soutien de plusieurs conseils régionaux du Sud-Ouest de la
France; de l'IRM, un fabricant de mobile-homes; de la Matmut, un assureur
français; et de diverses associations de personmes handicapées.
Les 100 premières inscriptions à ELSA sont gratuites sur :
www.elsaccessible.com
Pour plus d'information, contacter : Aurélie Cevaër, Chef de Projet,
ELSA, contact@elsaccessible.com
Le Groupement des Prestataires de Services pour Aveugles et Malvoyants
(Vision Impaired Service Providers Alliance, VISPA) rassemble plusieurs
associations oeuvrant dans le domaine du handicap visuel. Constitué de
Fighting Blindness, de l'Irish Guide Dogs for the Blind, du National Council
for the Blind of Ireland (NCBI) et de St Joseph’s Centre for the Visually
Impaired; il a été lancé à Dublin le 9 octobre 2008, Journée Mondiale de la
Vision.
Le rapport "Eyes on the Future" sur la prévalence de la cécité et de la
déficience visuelle en Irlande a été présenté à cette occasion. Cette
publication est un premier outil qui devrait permettre de mieux connaître la
population aveugle et malvoyante d'Irlande et d'obtenir des pouvoirs publics
les financements nécessaires à la mise en place de services spécialisés,
ophtalmologiques notamment.
Le rapport a été réalisé sous la direction du Professeur Jonathan Jackson du
Royal Victoria Hospital de Belfast, et du Professeur Colm O'Brien du Mater
Misericordiae University Hospital de Dublin. Il fait apparaître que :
Les données statistiques dont on dispose actuellement sur le handicap visuel en Irlande sont de 30% inférieures à la réalité;
La prévalence de la cécité et de la déficience visuelle devrait augmenter de plus de 170% au cours des 25 années à venir
Le coût total de la prise en charge des principales causes de déficience visuelle se situe entre 300 millions et 500 millions d'euros.
Par ailleurs, le rapport actualise les données statistiques sur la prévalence des principales cause de déficience visuelle en Irlande.
VISPA demande que des études épidémiologiques viennent compléter "Eyes on
the Future".
Le rapport est disponible dans son intégralité sur le site internet du NCBI : www.ncbi.ie
Pour plus d'information contacter le NCBI, Conseil National pour les
Aveugles d'Irelande www.ncbi.ie.
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Le Centre de Formation et de Réadaptation Professionnelle de Ludhiana (CFRPL),
au Penjab, offre aux aveugles et aux malvoyants des formations et des
services de conseil, d'orientation et de placement. Le CFRPL travaille
depuis quelques années en partenariat avec la Fédération suisse des Aveugles
et Déficients Visuels, Rehaswiss et la Christoffel Blindenmission. Cette
coopération a abouti à la mise en place de deux programmes de réadaptation
dont l'ambition est de donner aux non et aux malvoyants de la région les
moyens de leurs choix de vie.
Le premier repose sur le microcrédit : des prêts sans intérêts de 10,000
roupies (environ 150 Euros) sont consentis soit à des fins de formation,
soit pour promouvoir le travail indépendant. Le second est un programme de
financement de formations en secrétariat très appréciées parmi les aveugles
et les malvoyants. Les témoignages ci-dessous donnent la mesure du succès de
ces programmes.
Nayagi est une femme aveugle de l'Etat du Tamilnadu. Fille de
réfugiés birmans, elle est aveugle de naissance et connaît une enfance
difficile, la mort de son père ayant laissé sa famille dans le plus grand
dénuement et sans moyens de subvenir à ses besoins. Son passage au CFRPL
transforme sa vie : elle s'installe au Penjab où elle suit une formation en
sténographie d'un an. Elle prend une part active dans la vie de la
communauté. C'est au CFRPL qu'elle rencontre son mari malvoyant. Maman de
deux enfants, elle travaille actuellement à la Banque Extérieure d'Inde et
est propriétaire de sa maison dont elle est très fière.
Rajwinder est originaire d'Hasanpur, petit village du Penjab. Sourde
de naissance, elle perd partiellement la vue suite à une mauvaise
prescription médicale. Sans travail et sans ressources, elle parvient à
suivre une formation en techniques de gestion commerciale grâce à un
microcrédit. Aujourd'hui, elle occupe un emploi stable dans un magasin
d'aliments pour bétail.
Kiran est aveugle et vit au Penjab. Elle perd la vue alors qu'elle
suit des études d'infirmière. Désemparée et dépressive, elle demande conseil
pour mieux affronter sa nouvelle situation. Elle apprend le braille et suit
une formation en sténographie. Elle intègre la fonction publique et enseigne
cette même discipline à Chandigarh. Elle est membre depuis peu du Comité de
Sélection chargé de recruter les fonctionnaires et prépare une thèse de
doctorat.
Rajan est originaire du Tamilnadu. Déficient visuel, ses chances de
poursuivre des études supérieures sont minces d'autant plus que sa famille
est pauvre. Cependant, il est pris au CFRPL et vient s'installer au Penjab.
Il suit d'abord des cours de locomotion puis s'inscrit à la formation de
sténographie en langue anglaise (il ne parle pas encore le Penjabi). Il
travaille actuellement à l'institut pour aveugles de Madurai, une ville du
Tamilnadu.
Cette rubrique de notre lettre d'information vise au partage des
savoir-faire en matière de coopération développement. Les pays membres de l'UEA
peuvent réinvestir les connaissances et expériences exposées ici au profit
des aveugles et des malvoyants qui vivent dans les pays en développement.
Pour plus d'information contacter la fédération Suisse des Aveugles et des
Malvoyante: www.sbv-fsa.ch
Comme l'affirme son slogan
ABC Radio "connecte les aveugles" en
mettant à leur disposition cinq chaînes de programmes en ligne que l'on peut
écouter à l'aide de logiciels gratuits. Deux de ces chaînes recherchent de
nouveaux animateurs.
ACB Radio Interactive
émet en direct des programmes en langue anglaise, principalement musicaux,
et donne la parole aux auditeurs.
ACB Radio World diffuse en
diverses langues des spectacles en direct ou pré-enregistrés. Elle
privilégie la musique et les échanges.
ABC recherche des animateurs bénévoles non ou malvoyants "mordus" de
musique. Une petite formation leur sera dispensée sur divers aspects,
techniques notamment. Une expérience dans ce domaine n'est pas
indispensable. Toutes les langues sont bienvenues.
Pour plus d'information, contacter : Naama Erez, Coordinatrice ABC
naama@acbradio.org
Construire et Entretenir un Réseau Personnel, programme de formation mis
au point par Sensis à l'usage des personnes âgées aveugles ou malvoyantes,
est désormais disponible en langue anglaise.
Pour répondre aux situations de solitude et d'isolement dont de nombreuses
personnes âgées font l'expérience, Sensis a développé un programme de
formation de groupe pour aider nos aînés non ou malvoyants à cultiver leur
estime de soi, se constituer un réseau personnel et se faire des amis. Ces
formations s'adressent à des groupes de huit personnes environ. Elles sont
dispensées sur une période de dix semaines (à raison d'une réunion
hebdomadaire) et combinent exercices pratiques et travail à faire à la
maison. Elle comporte également un module d'une journée pour les
professionnels.
Construire et Entretenir un Réseau Personnel est l'aboutissement de travaux
de recherche réalisés par Sensis en collaboration avec l'Université de
Maastricht et l'Université Radboud de Nimègue.
Le programme peut être obtenue pour le prix de 35 euros sur le site internet
de Sensis:
http://www.sensis.nl/professional/expertisecentrum/?action=view&id=98 .
Pour plus d'information, contacter Peter Verstraten:
pverstraten@sensis.nl
Entretien avec Ana Peláez à l'occasion de son élection au Comité de Suivi (à vérifier) de la Convention des Nations Unies sur la Protection des Droits de la Personne Handicapée. Ana Peláez est Directrice des relations internationales de la ONCE, (Association des Aveugles d'Espagne). Elle est également Vice-Présidente de la Commission de Liaison de l'UEA avec l'Union Européenne.
Question : Pourquoi avoir rejoint le Comité d'Experts chargé du suivi de la mise en oeuvre de la Convention ?
Réponse : Le Comité est un outil indispensable et déterminant puisqu'il permettra de vérifier si les pays membres se conforment aux obligations qui leur sont faites par la Convention. Il est donc crucial que les personnes handicapées elles-mêmes y soient représentées de sorte que "rien qui soit fait pour nous ne se fasse sans nous". Pourquoi moi ? eh bien parce que mon expérience du handicap ainsi que mon parcours universitaire et professionnel devraient me permettre de contribuer utilement au développement des droits de la personne handicapée et de prendre une part active à la coopération internationale dans ce domaine.
Q: Quel est selon vous le plus grand défi que vous aurez à relever en
tant que membre du Comité d'Experts ?
R: Pour moi, le défi majeur sera sans aucun doute de faire progresser les
droits, l'égalité des chances et la non discrimination pour les groupes de
personnes handicapées les plus vulnérables : enfants, femmes, personnes
handicapées en milieu fermé (institutions spécialisées), personnes atteintes
de handicaps lourds, personnes handicapées en milieu rural...
Q: Quels aspects de la Convention maîtrisez-vous le mieux ?
R: Les aspects de la Convention le plus en rapport avec mon parcours
universitaire et professionnel sont, je pense, l'éducation, l'emploi,
l'accessibilité, la participation à la vie politique et la coopération
internationale en matière de développement. J'ajouterai à cela mes deux
domaines de prédilection, la protection des droits des enfants et des femmes
handicapés.
Q: Vous êtes vous-même handicapée. Quels aspects de votre expérience personnelle vous seront utiles dans votre travail au sein du Comité.
R: Je suis une femme et je suis aveugle de naissance. J'ai entamé ma
scolarité dans une école pour jeunes aveugles de la ONCE pour poursuivre mes
études secondaires en milieu ordinaire. J'ai également étudié en Belgique où
j'ai fréquenté le lycée Saint Hubert de Bruxelles.
J'ai une petite fille de deux ans et être mère est l'une de mes plus belles
expériences. Ma vie privée est marquée par un engagement social fort puisque
mon mari et moi sommes parents adoptifs d'enfants handicapés.
Mon activité professionnelle m'a'a amenée à visiter pas moins de 76 pays où
j'ai toujours oeuvré en faveur du développement et de l'amélioration des
conditions de vie des personnes handicapées. Par ailleurs, j'ai travaillé
bénévolement dans le cadre de projets de développement en lien avec le
handicap à Guanajuato (Mexique) en 1996 et à Cork (Irlande) en 2004.
Q: Parlez-nous de votre expérience dans les disciplines en rapport avec le travail du Comité - droits de l'homme, sociologie, sciences politiques, juridique, recherche...
R: Je suis plutôt versée dans les sciences sociales. Je me suis notamment
consacrée à un travail de recherche sur handicap visuel et qualité de vie.
C'est d'ailleurs le sujet de ma thèse de doctorat.
Q: Avez-vous déjà travaillé pour une association du secteur du handicap en tant qu'administrateur, membre de commission, travailleur bénévole....; ou avez-vous contribué à la défense des droits de la personne handicapée par d'autres voies? Si oui, pourriez-vous nous donner des exemples concrets d'actions menées, de responsabilités assumées, de défis relevés, de succès et de leçons apprises.
R: Je dirige actuellement le Département des Relations Internationales de
la ONCE (Association Nationale des Aveugles d'Espagne). Je suis également
Vice-Présidente du FOAL (Fonds de Solidarité avec les aveugles d'Amérique
Latine), toujours au sein de la ONCE. Enfin, je suis chargée des questions
de parité au CERMI (Comité des Instances Représentatives des Personnes
Handicapées et de leurs Familles).
Au plan européen, je suis membre de l'Exécutif du FEPH (Forum Européen des
Personnes Handicapées) dont je dirige aussi le Comité des Femmes. Par
ailleurs, je prends une part active aux activités de l'UEA. Je suis
notamment Vice-Présidente de sa Commission de Liaison avec l'Union
Européenne.
Au plan international, je participe activement aux travaux de l'ICEVI
(Comité International pour l'Education des Déficients Visuels). Je m'y
occupe tout particulièrement d'Education pour Tous, un programme pour
l'accès à l'instruction pour tous les enfants aveugles ou malvoyants, filles
et garçons, des pays en développement. Je suis également membre du Comité
pour l'Enfance de l'UMA (Union Mondiale des Aveugles). J'ai eu l'honeur de
représenter cette même organisation à la Séance Spéciale de l'Assemblée
Générale des Nations Unies sur l'enfance en 2002 ainsi qu'au Comité des ONGs
de l'UNICEF.
L'UNICEF m'a confié une étude sur les risques croissants de vulnérabilité
auxquels sont confrontés les enfants non ou malvoyants. Les résultats ont
été publiés dans le rapport annuel de l'organisation en 2005.
Tout ce travail et cette expérience m'ont permis de jouer un rôle actif dans
la promotion et la défense des droits de la personne handicapée, visuelle en
particulier. A titre d'exemple et pour vous donner une meilleure idée de mon
engagement,
J'ai élaboré le premier plan d'action du CERMI en faveur des femmes
handicapées et veillé à son adoption par le gouvernement espagnol;
J'ai organisé le premier Congrès Mondial des Enfants Aveugles et
Malvoyants. Ces derniers ont adopté une déclaration et se sont constitués en
réseau;
J'ai participé à la publication d'un rapport de l'UNICEF où je mets en
relief les formes de violence contre les enfants aveugles et malvoyants;
Q: Vous avez été désignée pour représenter l'Espagne au Comité D'Experts.
Quelles sont vos rapports avec le gouvernement espagnol ?
R: C'est en tant que membre de la société civile et sur la base de mon
expérience que le mouvement des personnes handicapées m'a désignée en
diverses occasions pour le représenter auprès du Parlement Espagnol, du
Parlement Européen ainsi que de diverses instances gouvernementales de mon
pays : Conseil Royal du Handicap, Ministère de la Santé et de la
Consommation, Observatoire Femmes et Santé, Observatoire d'Etat pour
Combattre la Violence contre les Femmes et le Conseil d'Administration de
l'Institut Espagnol de la Femme.
J'ai également participé, au nom du CERMI et en qualité de membre de la délégation espagnole représentant la société civile, à la phase finale des travaux préparatoires de la Convention des Nations Unies sur les Droits de la Personne Handicapée. J'ai toujours mené ces activités en toute indépendance et libre de toute influence.
Q: La mise en oeuvre de la Convention des Nations Unies ne sera pas sans poser de difficultés. Lesquelles ? Quels aspects retiendront votre attention ?
R: A mon sens, la difficulté majeure sera d'induire un nouveau regard de nos sociétés sur le handicap.
Obtenir l'adhésion des gouvernements et de l'ensemble des acteurs économiques et sociaux à la Convention, c'est obtenir que nos sociétés prennent leurs responsabilités vis à vis des handicapés.
Alors seulement pourrons-nous parler d'un véritable modèle social. Il est important d'expliquer que la Convention n'est pas seulement faite pour les personnes handicapées.
Il est tout aussi important de montrer que nous, handicapés, sommes les acteurs constructifs de sa mise en oeuvre.
Par ailleurs, la Convention comporte une série de droits qui répondent aux diverses situations de vie des personnes handicapées.
Chacune de ces situations mérite toute notre attention et tous nos efforts. Bien sûr, l'application de la Convention sera aussi fonction du niveau de développement des pays concernés. Dans le cas des pays les moins avancés, le défi majeur sera de faire inscrire la question du handicap à l'ordre du jour politique.
L'Article 12 soulève des questions qu'il faut traiter avec le plus grand soin si nous voulons que l'esprit de la Convention prévale pendant la phase de mise en oeuvre.
Ainsi, la façon dont l'accessibilité, principe directeur s'il en est, sera abordée va déterminer dans une large mesure l'effectivité des droits de la personne handicapée.
La société civile et la coopération internationale ont un rôle de premier ordre à jouer lorsqu'il s'agit d'appliquer la Convention dans des pays pour lesquels certains concepts sont totalement nouveaux et supposent des changements radicaux.
Q: Le modèle social du handicap établit la responsabilité de la société qui génère et entretient des situations de handicap, celles-ci constituant autant de freins au plein exercice des droits. A titre d'exemple, pourriez-vous nous parler d'un domaine où le modèle social devrait faire évoluer de façon significative la relation société-personne handicapée?
R: La mise en oeuvre de la Convention devrait apporter de nombreux
changements, mais je pense que le plus important a trait à la façon dont on
abordera à l'avenir la question des droits de la personne handicapée.
Jusqu'à présent, la question des droits de la personne handicapée est
presque toujours considérée comme relevant de la sphère sociale et les
moyens financiers alloués à son traitement est étroitement dépendante de la
volonté politique du moment. La terminologie utilisée reflète bien cet état
d'esprit : on parlera d'"assistance" et de "pension" plutôt que de "droit".
La clé du changement réside dans le traitement "horizontal" des questions de handicap : elles doivent s'inscrire dans toutes les politiques publiques. Cette démarche ne doit répondre à aucune considération d'ordre budgétaire puisque c'est de droits dont il s'agit et non d'assistance.
Le changement devrait se manifester également par une participation plus
active de la personne handicapée qui, parce qu'elle exercera pleinement ses
droits, pourra déterminer ses propres choix de vie.
Q: Les ONGs, les associations de personnes handicapées en particulier, ont pris une part active dans le processus et les négociations qui ont conduit à l'adoption de la Convention. Comment envisagez-vous l'interaction entre le Comité et la société civile ?
R: Une bonne interaction entre la société civile et le Comité est absolument vitale si nous voulons réussir la mise en oeuvre de la Convention.
C'est précisément un des objectifs du Comité. D'ailleurs, le texte de la Convention insiste sur ce point et ce serait ne pas y adhérer que de ne pas veiller à établir une coopération étroite entre les deux parties. Pour ma part, je pense bien sûr qu'une collaboration est indispensable mais elle doit être formalisée par un protocole d'action ou des règles dûment adoptés par le Comité.
Cependant, nous devons aller plus loin et faire face aux discriminations multiples : femmes et handicap, enfants handicapés, handicap et race... Il nous faudra coopérer avec d'autres instances des Nations Unies et avec les acteurs de la société civile spécialisés dans ces domaines.
Q: Les membres du Comité d'Experts devront participer à des réunions qui se tiendront à Genève (Suisse), soit dix semaines par an. Comment ferez-vous pour concilier cette nouvelle responsabilité avec vos activités professionnelles?
R: Eh bien, en travaillant plus ! L'intégralité de l'entretien est
disponible auprès du Bureau de l'UEA :
ebu@euroblind.org
Calendrier |
Contact : Birgitta Blokland, Secrétaire Générale
Email : bjb202@hotmail.com
Conseil d'Administration de l'UEA
Contact : EBU Office
Email : ebu@euroblind.org
Groupe Jeunesse
Contact : Oystein Fylling, EBU Youth Steering Group Coordinator
Email : oystein.fylling@netcom.no
BRAILLE 1809-2009 - Symposium
Un ensemble de cérémonies commémoratives marqueront le lancement de
l'année du bicentenaire de la naissance de Louis Braille. Ces cérémonies
seront suivies d'un symposium organisé par l'Association Valentin Haüy et
l'Institut National des Jeunes Aveugles.
http://www.avh.asso.fr/bicentenaire/programme/programme.php
Conférence "LIVING ALL"
Cette conférence présente les résultats des travaux menés dans le
cadre de Living All, un projet financé par le VIème Programme Cadre de la
Commission Européenne - Recherche et Santé.
Elle s'appliquera en particulier à mettre en valeur les bonnes pratiques et
à dénoncer les obstacles dans le domaine de la mobilité et de l'égalité des
chances.
Exposition Temporaire "Dialogue dans le Noir"
www.dialoguedanslenoir.com/en/dialogue-dans-le-noir-en/
Congrès international sur la déficience visuelle
Ce congrès est organisé par le CINAL à Coupvray, le village natal de
Louis Braille. Au programme : autonomie, intégration et accès au savoir. Une
déclaration dite Charte de Coupvray et contenant dix propositions politiques
sera adoptée à l'issue du congrès.
http://www.webstore.fr/lille.webstore.fr/faf.asso.fr/cinal.htm