Avec le soutien financier du Programme d'Action Communautaire contre la Discrimination
Paris, 30 mars - 2 avril 2006
Les experts du groupe de travail de l'Union Européenne des Aveugles (UEA) chargés d'étudier les problèmes relatifs à la non discrimination dans l'emploi des personnes déficientes visuelles se sont réunis au foyer résidence de l'Association Valentin Haüy à Paris du 30 mars au 2 avril 2006.
Etaient présents :
- Mokrane BOUSSAID, Directeur du Bureau de l'UEA
- Philippe CHAZAL, Président de la Commission de la Politique Sociale de l'UEA (France)
- Urin Ljoner HAGEN, Coordonnatrice, Directrice du Département de la Réadaptation de l'Association Suédoise pour les Aveugles, et sa guide (Suède)
- Penny MELVILLE-BROWN , Consultante pour l'emploi des travailleurs Handicapés, et sa guide
- Fred REID, Responsable de l'emploi (Royaume-Uni)
- Philippa SIMKISS, Collaboratrice de Fred REID (Royaume-Uni)
- Estafania MIRPURI Directrice des Relations Européennes de la ONCE, et sa guide (Espagne)
- Larisa CHERKESOVA, Coordonnatrice de l'emploi pour l'Association Russe des Aveugles (Russie)
C'est dans le domaine de l'accès à l'emploi que les personnes aveugles ou
déficientes
visuelles sont le plus victimes de discriminations, et ceci pour les raisons
suivantes :
a) Le nombre de professions qui leur sont accessibles reste extrêmement limité ;
b) Bien que l'utilisation de l'informatique adaptée leur permette d'accéder plus aisément qu'autrefois à l'information, les sites de communication en ligne, logiciels ou matériels en perpétuelles évolutions leur restent trop fréquemment inaccessibles ;
c) Les programmes de rééducation fonctionnelle proposés aux personnes qui perdent progressivement la vue ou qui deviennent subitement aveugles ne répondent pas toujours à l'ensemble des besoins de la personne rééduquée, pas plus qu'ils ne s'appuient sur la totalité de ses capacités résiduelles ;
d) Les établissements spécialisés de formation professionnelle ne proposent pas à chacun un cursus suffisamment individualisé, qui utiliserait la totalité des ressources nouvellement apparues dans le domaine de la médiation, du théâtre, de la musicothérapie, par exemple ;
e) Dans les quelques pays où elles existent, les structures d'accompagnement vers l'emploi ne prennent pas assez en compte les spécificités de la déficience visuelle qu'elles ignorent trop souvent en raison du très petit nombre de travailleurs handicapés, porteurs de cette déficience, qui les sollicitent ;
f) L'information des employeurs, partenaires sociaux, de l'encadrement ou des
collègues de travail sur Ies capacités réelles des personnes atteintes de cécité ou de
déficience visuelle
grave reste très insuffisante, parcellaire, ou subjective ; les " bonnes
pratiques " en ce
domaine sont trop méconnues.
a) Sensibilisation sur les professions accessibles
b) Bases de données concernant les nouvelles technologies
Il est urgent de constituer, d'abord au niveau de chaque pays, puis ultérieurement à l'échelon européen, une base de données qui permettra de connaître l'ensemble des logiciels professionnels adaptés à l'usage des déficients visuels. Ces logiciels seront ainsi mutualisés.
c) Un programme standard de rééducation
Un programme standard de rééducation, incluant l'ensemble de connaissances et aptitudes indispensables à acquérir en vue d'une autonomie dans la vie quotidienne et professionnelle, sera proposé à chacun des pays membres de l'Union Européenne des Aveugles (Unn Ljoner Hagen prépare ce document).
d) Une pédagogie de la formation professionnelle adaptée
e) Accompagnement vers l'emploi
Les établissements de travail protégé, le soutien dans l'emploi (coaching), les discriminations positives (quotas d'emplois obligatoires de travailleurs handicapés et mesures appropriées) sont très inégalement développés dans chacun des pays membres de l'UEA. Tous constituent cependant des moyens très efficaces pour permettre aux déficients visuels d'exercer une activité professionnelle. Les échanges d'expérience réussie ou de " bonnes pratiques " seront intensifiés au travers de visites, publications, réalisations de documents d'information (Fred REID est chargé de suivre cette question).
f) Diversification des supports d'information
Conformément aux recommandations émises lors du Congrès sur l'Emploi qui s'est tenu à Paris en juillet 2003, il est décidé de multiplier les différents supports d'information proposés aux employeurs, partenaires sociaux ou travailleurs, pour communiquer sur les capacités des aveugles et déficients visuels. A titre d'exemples :
En conclusion de ses travaux le groupe d'experts insiste sur les dispositifs juridiques à mettre en place pour lutter contre la discrimination dans l'emploi, qu'il s'agisse d'organismes spécifiques, telle la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'égalité "La Halde" qui existe en France, ou de recours aux instances juridictionnelles de l'ordre pénal, civil ou administratif.
Paris, le 19 juin 2006
Philippe Chazal